Sorties pédagogiques 2001 - 2002

Visite du chantier de l'autoroute

Visite du moulin de Cougnaguet

Visite du chantier de l'autoroute A20 ( Tronçon Cahors nord - Cahors sud ) mardi 04 décembre 2001

Une fois arrivés à Francoulès, nous avons suivi la représentante des Autoroutes du Sud de la France ( A.S.F) maîtres d'œuvres de l'autoroute A 20, reliant Brive (19) à Montauban (82) soit un trajet de 130 km.
Une autoroute est une voie de circulation disposant de 4 voies différentes (2 et 2). Sa construction est décidée par l'Etat (ministère des transports) et concédée à un exploitant (A.S.F). La construction du tronçon Cahors nord / Cahors sud a débuté le 13/07/2000, cette section fait 22km entre Saint Michel de Cours et Lalbenque. Elle comporte de nombreux ouvrages d'art et des aménagements (passages agricoles pour le bétail, crapauducs, etc). Il convient de tenir compte de la présence d'animaux protégés ou en voie d'extinction le long du tracé de l'autoroute (exemple : 2 couples de Circaète Jean le blanc, seuls présents dans notre département).
On nous a distribué des gilets de chantier fluorescents afin de signaler notre présence. La superposition des différentes couches qui forment le revêtement des autoroutes nous fut expliquée. Tout d'abord la couche de forme d'une épaisseur de 40cm, puis 12cm de gravillons, 12 de bitume et enfin 7cm de bande de roulement. La présence, tous les 600 à 700m de récupération des eaux, et des pollutions légères (accidents, transports, d'hydrocarbures, etc). Dans ces bassins, les hydrocarbures sont récupérés, car ils restent en surface par rapport à l'eau qui est traitée, puis évacuée par des siphons, et il y a des plantes aquatiques qui digèrent ces polluants. Il arrive parfois qu'on y rencontre des animaux (loutres, grenouilles sur l'A89). Les canaux de récupérations de ces eaux, en forme de "V", sont appelés cunettes. Sur le chantier nous avons vu toutes sortes de machines : dumpers (énormes camions bennes de chantier pouvant consommer jusqu'à 300 litres de carburant / jour), pelles mécaniques, niveleuses, raboteuses, cylindres, perforateurs, foreuses, brise - roche, tracteurs, concasseur, grues, etc.
Nous avons pu assister à la préparation de tirs de mine afin de faire exploser d' énormes blocs de roche. Pour cela une équipe est chargée de forer la roche (à plus de 20m de profondeur), puis enfouit les explosifs (dynamite) dans des chaussettes rouges dans ces trous. Une fois l'ensemble relié par un dispositif électrique au détonateur, l'ensemble du personnel présent sur le chantier est prévenu de l'explosion prochaine par des coups de corne de brume (3 successifs selon un rituel codifié) et de son bon déroulement (1 coup). Tout les blocs ainsi dégagés sont évacués par les pelles mécaniques, les dumpers, et éventuellement à l'aide du concasseur.
Un peu partout, des géomètres, des chefs de chantier, des ingénieurs contrôlent le bon déroulement des travaux à l'aide de niveaux (sur trépieds).
Sur la commune de Constans est construite une section en tranchée couverte. Il s'agit de construire un tunnel (sur les 4 voies séparées par mur en béton) recouvert de terre et de végétation afin de ne pas "abîmer visuellement le paysage" et de protéger les habitants très proches des nuisances sonores. Un hameau est traversé par l'autoroute. La tranchée couverte de Constants protègera et reliera le village de Constants et le lotissement de Pech de Lagarde. Valroufié Lot.
De par la présence à proximité de ce dernier, le chantier ne peut fonctionner qu'avec des horaires aménagés. Un viaduc sera érigé à l'entrée de Cahors. Pour le soutenir 10 piliers seront réalisés ( 8 sur terre et 2 dans la rivière à l'aide d' estacades ). Il aura une longueur de 534 mètres et surplombera la départementale 654, la voie ferrée Cahors- Capdenac, puis la D911 avant d'entrer dans la tranchée couverte de la Garenne ( 2 tubes de 135 et 165 mètres). Le tablier sera mis en place en deux parties selon un procédé complexe : une charpente métallique se déplaçant sur un système de roulement à billes.

 

Définition d'une tranchée couverte : Aux yeux des automobilistes, il y a très peu de différence entre une tranchée couverte et un tunnel. Toutefois les méthodes de construction sont très différentes. Pour réaliser un tunnel, il est nécessaire de percer un "tube" en souterrain à une certaine profondeur pour mobiliser l'effet de voûte. Une tranchée couverte permet de rester plus près de la surface.
Schématiquement, pour construire une tranchée couverte, on crée une tranchée dans le sol en déblayant le terrain lors des terrassements. Ensuite, on construit un double tube en béton dans cette tranchée. Ce conduit est enfin recouvert par un remblai qui, pour une meilleure intégration, fera l'objet d'aménagements paysagers. La tranchée couverte est alors terminée.
Ces engins de terrassement ont des dimensions inhabituelles. Organisés en "ateliers" autour de pelles mécaniques à grande capacité, les camions -bennes "dumpers" de 80 tonnes s'occupent à déblayer les masses rocheuses fragmentées au préalable par les tirs de mines. Près d'une centaine de machines au total sont
actuellement à l' œuvre.
La tranchée couverte de la Garenne a pour objectif de préserver l'intégrité et la cohérence du site de la vallée du Lot et du château d'Arcambal. Arcambal, Lot.
Long de 540m, le viaduc préserve l'intégrité du site de la vallée du Lot. Distant de 7km de Cahors, il permet le passage de la ligne ferrroviaire touristique Cahors / Cajarc de la RD49 et du Lot. Arcambal ( lieu-dit la Garenne) en rive gauche et Lamagdelaine (lieu-dit Le Chantre en rive droite, Lot).

Cahors Sud Cahors Nord

"Les 22 km qui ont exigé le plus d'études "

Caractéristiques :
La section s'étend sur 21,7 km en traversant douze communes lotoises.
A partir de l'échangeur de Cahors Sud l'autoroute traverse puis descend par la combe du Tréboulou vers le Lot qu elle franchit en viaduc.
Sur la rive Nord le tracé aborde une zone de forts reliefs, imposant des déblais très important, notamment dans le secteur de Bassaler et de Miralasse.

Chiffres clés :

Terrassements :
- 7 600 000 m3 de déblais
- 4 600 000 m3 de remblais
- 300 000 m3 de couche de forme
Communications à rétablir :
- 5 routes départementales
- 7 voies communales
- 6 chemins ruraux et passages agricoles
- 1 voie ferrée
Ouvrages d'art courants :
- 13 ouvrages routiers ( 9 passages supérieurs-4 passages inférieurs)
- 1 pont route sur voie ferré
- 2 passages inférieurs mixtes (pour route et cours d'eau)
- 3 passages agricoles dont 1 mixte (cours d'eau)
- 1 passage à moutons
- 2 passages inférieurs spécifiques pour animaux sauvages
- 1 ouvrage hydraulique avec passage de service (vallée du Tréboulou)
- 55 petits ouvrages hydrauliques (buses)
Ouvrages d'art non courants :
- Viaduc du Lot (à tablier unique) :
20,50m de large 540 m de long
- Tranchée couverte de la Garenne : 135/165m de longueur des 2 tubes
- Tranchée couverte de Constans :
25m de large 375 m de long.

Les Loustics prêts pour la visite


Deux Loustics devant le godet d'une pelle mécanique


Création d'un tunnel pour une future tranchée couverte 

Photo des travaux préparatifs à la réalisation d'un viaduc sur le Lot

 


Un brise roche (Gaëtan - Clément)


Un dumper (Gaëtan - Clément)


Une pelle mécanique (Gaëtan)

 2ème visite du chantier de l'autoroute A20 Cahors nord - Cahors sud ) jeudi 25 avril 2002

Le 25 avril 2002, nous sommes retournés sur le chantier de l'autoroute A 20, entre les échangeurs de Cahors nord et Cahors sud. Par rapport à notre précédente visite nous avons pu constater l'état d'avancement du chantier.
Les travaux concernant la tranchée couverte de Constans ont nettement avancé : plus de la moitié de celle -ci est réalisée, nous avons pu découvrir une énorme machine qui fait le coffrage. En effet, des camions toupies livrent le béton qui va ensuite être aspiré par des pompes hydrauliques placées sur d'autre camion et versé via de longs tuyaux soutenus par de grands bras articulés, dans les armatures du coffrage. Ces opérations sont télécommandées par des personnes présente depuis le lieu de coulage de béton. Il faut compter environ 1 mois dans des conditions climatique "normales" pour que les voûtes ainsi coffrées sèchent (par temps sec , comme actuellement environ 1 semaine). Une fois la tranchée terminée, ses 375m seront recouverts de terre végétale afin de protéger le village de Constans, traversé en son sein, des nuisances et pollutions sonores et visuelles.

Nous avons poursuivi notre visite en nous dirigeant vers le viaduc du Lot. Pour cela nous sommes passées sous un pont béquille desservant une voie communale. Nous avons croisé un gros tracteur tirant une citerne et qui arrosait la plate-forme afin de limiter au maximum la propagation de poussière, ainsi qu'un bulldozer étalant de la terre végétale sur les flancs relativement pentus de l'autoroute. Arrivés sur le lieu de construction du viaduc, nous avons découvert la structure du tablier posée sur un système de roulement et de guidage lui-même reposant sur le sol. Elle était maintenue à chacune de ses extrémités des câbles servant à la tirer (vers le Lot) et à la retenir dans le sens opposé. Malheureusement nous ne pûmes assister à cette impressionnante opération (à 45 minutes prés). Par contre, nous avons pu constater son état d'avancement, et ainsi découvrir cette architecture déjà au-dessus du Lot. Le système lui permettant de coulisser est celui de "la chaise à galet"(un peu comme un roulement à billes ). Le tablier étant arrivé à la verticale de 2  piliers devant le supporter, il fallait déplacer le système de tractage et de guidage et c'est pour cela que nous n'avons pu le voir en état de marche. Lorsque la structure se déplaçant ainsi aura rejoint celle installée à l'aide de grues depuis l'autre rive, des soudeurs déjà en place dans des petites cabanes métalliques réaliseront la jonction définitive. Après cette délicate opération, il s'agira d'armer de métal cette structure avant le coulage du béton préalable au revêtement de bitume. Il était pour nous très intéressant de voir l'évolution de ce grand chantier avec ses nombreux ouvrages d'art.


État d'avancement de la tranchée couverte de Constans.


Coffrage de cette même tranchée.


Livraison et acheminement du béton via des pompes hydrauliques.


Mur central des tranchées couvertes de Constans.


Perspective sud depuis ces tranchées.


Pont béquille desservant une voie communale.


Bulldozer étalant la terre sur un plan très incliné.


Cylindre utilisé pour tasser les différentes couches du revêtement.


Dispositif de câblage visant à retenir et guider le tablier dans son déplacement.


Le même vu de plus haut. Le tablier n'est pas visible car il a fortement avancé depuis la veille.


Le tablier sur sa rampe de déplacement vu en amont.


Le tablier sur sa rampe vu en aval.


Au - dessus du Lot. Sous le tablier, contre les piliers, le système de câblage guidage.


Ce système vu de plus près au bord de la rive nord.


Les Loustics attentifs aux explications données par la représentante des ASF.


Perspective du viaduc nord - sud avec la tranchée couverte d'Arcambal en fond.


Le Lot peu à peu recouvert par le tablier jaune.


Le Lot avec l'entrée de la tranchée d'Arcambal.

Visite du moulin fortifié de Cougnaguet à Calès- Vendredi 07 décembre 2001
Dans le cadre des manifestations organisées à l'occasion du Téléthon 2001, nous avons été invités à visiter le moulin fortifié de Cougnaguet à Calès. Ce moulin fut construit au XIVème siècle par des moines de l'abbaye cistercienne des Alix (située à deux kilomètres de notre école sur la commune de Rocamadour). Lors de famines ou d'épidémies, le moulin pouvant être attaqué, il convenait de le protéger. La porte d'entrée était située sur l'autre rive : elle était en ogive (aujourd'hui empierrée). On y accédait par un passage à gué. En ouvrant les vannes un grand courant d'eau rendait l'accès difficile aux éventuels brigands. Sur la façade principale deux meurtrières témoignent des systèmes de défense du moulin. Les murs devant supporter une lourde charpente ( couverture en lauses ) et protéger les biens et les personnes, ils étaient très épais. Leur largeur variait de 1,30m à 2,10 m. De nombreuses ouvertures furent crées par la suite.
Une fois entrés dans le moulin, nous avons découvert l'ensemble de la machinerie :
- La crapaudine, pièce de bronze, supportant l'axe vertical qui se trouve sur le levier dans l'eau.
- Le coussinet en bois qui se trouve sur la meule dormante (celle située en dessous, striée afin de permettre une bonne évacuation de la farine).
- Le rouet qui entraîne la meule.
- L'anille qui supporte la meule et qui l'entraîne.
- Le pignon en bois qui sert à la distribution du grain.
Une meule pèse environ 1,5 tonnes. Avec les quatre meules présentes, on pouvait moudre jusqu'à 3 tonnes de grain par jour. Le réglage de la meule se faisait à l'aide de leviers afin d'obtenir une mouture plus ou moins fine. Il y avait deux potences situées de part et d'autre de ces 4 meules servant à les soulever à l'occasion de leur remplacement ou de leur réparation (re taillage). En jouant sur l'inclinaison de la planche, on modifiait le débit du grain. Nous avons aussi découvert un tamis à farine, appelé encore blutoir. A côté de celui-ci se trouvait une cheminée destinée à évacuer la poussière de farine. On nous a expliqué que selon la disposition des dallages du sol (verticalement plutôt qu'horizontalement) on pouvait éviter les phénomènes d'humidité par percolation.
Le 19 juillet 1778, les moines ont cédé ce moulin à un particulier : M. Estieu. Actuellement, il est toujours une propriété privée, et a continué de fonctionner jusqu'en 1959. Il est classé Monument Historique depuis 1925. La rivière sur laquelle est installé ce moulin est l'Ouysse. Elle est en grande partie souterraine du fait du relief des Causses du Quercy (calcaire). Elle ressurgit peu avant le moulin à Cabouy, et se jette dans la Dordogne 11 km plus loin à côté de Lacave. Quelques mètres en amont du moulin a été construit par les moines un barrage de dérivation avec son canal pour alimenter le moulin. Il a une largeur de 6 mètres et retient 5 mètres d'eau sur une longueur de 1,6 km.
Sur la façade située en aval du moulin, on peut découvrir 4 arcades correspondant aux différentes meules. Deux corbeaux sortant du mur nous rappellent l'emplacement des latrines (toilettes).
La construction de ce bâtiment a duré plus de 50 ans (1292 / 1350) et s'est étalée sur 4 générations de moines. On en trouve une évocation sur le linteau de la cheminée située à l'étage, dans l'habitation actuelle.
Nous fûmes invités à y poursuivre notre visite. Ainsi, nous découvrîmes l'ancienne chapelle où était exposée un livre d'or (que nous signâmes), la cuisine avec sa souillarde, les meubles anciens et le cantou auprès duquel nous nous réchauffâmes avec son coffre à sel, sa crémaillère, etc.
On nous a très gentiment proposé des noix (avec un marteau en bois pour les casser si nous n'y parvenions pas avec nos mains) et des crottes en chocolat.
Après avoir remercié notre hôte et madame le maire, ainsi que les parents d'élèves qui nous accompagnaient et n'oubliaient pas de nous filmer, nous regagnâmes notre bus non sans avoir croisé des touristes de nationalité américaine venus découvrir comme nous ce bel édifice par une radieuse journée hivernale (par son climat).



Vue de la vallée de l'Ouysse depuis le moulin de Cougnaguet

Blutoir ( tamis à farine )



Symbole sculpté sur le linteau de la cheminée représentant l'harmonie entre les 4 générations de moines bâtisseurs

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