Récit policier

Première partie ( école de Rocamadour - le 02 avril 2002 )

- Je recherche le modèle D. 636 à ventouse avec poignée. Vous en avez en rayon ?
- Non, nous n’en avons plus, mais je regarde s’il nous en reste en stock. Vous avez de la chance, il y en a encore quatre.
- Combien valent – ils ?
- 60 euros T.T.C. pièce.
- Bon, ben je vous en prends deux.
- O.K. Il vous faudra autre chose ?
- Non merci.
- Bon je vous les fait amener à la caisse 2.
Quelques instants plus tard…
- Et voilà votre carte avec le reçu et votre ticket de caisse, M. Cesda.
- Merci, m’dame.
Deux jours plus tard, à quelques pas de là, dans le beau quartier des ambassades, au Caire, deux adolescents s’apostrophent devant l’entrée du lycée français.
- T’as appris la nouvelle ?
- Quelle nouvelle ?
- Le vol de la statuette d’Anubis, des bracelets et des autres bijoux au musée Égyptien. Ils sont passés par la rue des bibliothèques d’après la radio ce matin.
- C’est pas possible ? C’est pas vrai ! …
- Malheureusement si. Je crois que c’est le commissariat de la grande mosquée al Azhar qui est chargé de l’enquête. Ils ont des spécialistes en trafic d’œuvres d’art.
- Ah oui, c’est vrai. C’est celui de mon père.
- Tu lui en parleras ce soir ? Il te dira peut être s’ils sont sur une piste.
- D’accord.
Après une rude journée, Ugo rentra chez lui, à deux pâtés de maison de là. Il attendait impatiemment le retour de son père. Ce fut seulement vers 21 heures qu’il regagna son domicile. Alors qu’il prenait son repas, son fils lui demanda :
- Êtes – vous sur une piste concernant l’affaire du musée ? Avez – vous des indices ?
- Pourquoi ? Mon métier t’intéresse à présent ? Bon, pour ton information, saches que pour le moment nous n’avons pas grand chose à vrai dire. Mais cette affaire ressemble beaucoup à un vol commis au Louvre à Paris en 1998. Et d’ailleurs, nous comptons faire appel à la police française spécialisée en trafic d’œuvres d’art. Rachid devait les contacter par Internet ce soir via Interpol.
- Ah d’accord ! …
- Après avoir pris son petit déjeuner, Ugo téléphona à son amie de classe Samia. Il lui donna rendez – vous à côté de l’obélisque, sur la grande place du musée.
- Salut ! Qu’y – a - t – il de si important pour qu’on se retrouve si tôt ici ?
- J’ai pas pu avoir beaucoup d’informations par papa si ce n’est qu’ils ont contacté un spécialiste français sur ce type de vols dans les musées.
- Quand doit – il arriver au Caire ?
- J’sais pas exactement. Certainement dans la soirée. Ca te dirait que nous allions jeter un œil dans la salle des expositions ? 
- Oui, mais comment allons – nous pouvoir y entrer ?
- Il doit y avoir mon père sur place. En lui demandant gentiment …
-Si tu le dis…
Et Samia balaya l’air devant elle d’un revers de son bras droit .
Une fois arrivés sur place, les 2 adolescents s’adressèrent à l’inspecteur Khéox.
- Peut – on entrer dans la salle des expositions , où a eu lieu le vol , pour découvrir par nous-même comment c’est , s’il te plaît , papa ?
- Je suis désolé, mais il m’est impossible de vous laisser pénétrer dans ces lieux. Nous passons au peigne fin toute la salle avec les spécialistes du labo.
- Mais papa, s’il te plaît…
- Non, je n’ai pas le droit !
Très déçus, la tête baissée, les deux compères descendirent le grand escalier et se dirigèrent vers la station de bus, quand tout à coup…
- Ugo ! Y’a peut-être une possibilité ! Puis, mettant un doigt devant sa bouche et indiquant le jardin municipal de son index, et plus précisément le bosquet où trônait le grand palmier, elle lui fit signe de s’y rendre.
- Tu sais, quand j’avais 7 ans je venais souvent au musée. Maman y faisait le ménage et je la rejoignais le mercredi soir en empruntant un passage dérobé. Peut-être existe-t-il encore… On pourrait essayer. Qu’en dis-tu ?
- Au point où nous en sommes…
Contournant l’entrée principale avenue Cléopâtre, ils gagnèrent la façade sud du bâtiment rue Alexandre, à côté du grand parking et du marché aux épices.
-Voilà ! regarde derrière la cabine téléphonique, à côté de la poubelle verte ! le numéro 313.
Malheureusement pour eux, la porte était bien verrouillée et ils ne purent accéder à ce passage. N’écoutant que son esprit inventif et bricoleur Ugo entreprit de fouiller dans son sac à dos à la recherche de son petit couteau suisse. Une fois ce dernier récupéré, il commença à " bidouiller " la serrure pendant que Samia le dissimulait de la vue des passants. Trois minutes plus tard la porte s’entrouvrit laissant nos deux adolescents pénétrer dans le corridor.
A tâtons, ils progressèrent lentement, puis Samia trouva un interrupteur, après ne pas avoir omis de refermer la porte derrière eux. S’enfonçant dans les antres du bâtiment ils arrivèrent à une patte d’oie et sur les conseils de Samia choisirent d’emprunter l’escalier droit.
- Je crois que cette fois-ci nous sommes bloqués. Constate par toi-même, le passage est muré ! ça ne date pas d’hier, l’affiche sur les moellons laisse apparaître la date d’août 1994.
- O.K. Il fallait prendre à gauche toute à l’heure. Faisons demi-tour !
- Très bonne idée dit malicieusement Ugo en esquissant un sourire.
- Oh ça va ! Tout le monde peut se tromper, " Mônsieur je sais tout. "
Parvenus à l’embranchement, ils virèrent donc sur leur droite (la gauche en fait) et arrivèrent devant une grosse flaque d’eau d’où émergeait un objet luisant. Précautionneusement Samia le prit à l’aide d’un mouchoir entre ses mains. Elle put lire sur ce bout de caoutchouc noir " D 636 " et distingua nettement une poignée en aluminium…

Deuxième partie ( école des Lilas - le 14 juin 2002 )

Ugo et Samia se regardèrent avec étonnement. Ugo s’adressa à Samia :
- « C’est quoi cet objet ?
- Je ne sais pas, je n’en ai jamais vu auparavant. A quoi cela pourrait-il servir d’après toi ?
- Essuie-le, pour voir ? Oh ! Regarde ! Une ventouse avec une poignée ! Peut-être cet objet est en relation avec le vol qui a eu lieu au musée Egyptien.
- Je pense que nous devrions l’amener au commissariat pour le faire analyser avant que le voleur ne revienne sur ses pas.
- Ce serait plus sage, en effet, de ne pas s’attarder ici. »
Nos deux adolescents se rendirent donc au commissariat d’un pas vif. Samia paraît très inquiète, demeure bouche-bée et préoccupée par leur trouvaille. Quant à Ugo, il reste serin et pressé d’en savoir davantage sur cet objet mystérieux.
En arrivant au commissariat les deux amis se rendent directement dans le bureau de l’inspecteur Khéox qui les accueille :
- « Que faites-vous ici les enfants ?
- Nous avons peut-être trouvé un indice, papa, au sujet du vol. Regarde, il s’agit d’un D636 avec poignée et ventouse.
- Mais où l’avez-vous trouvé ?
- Euh, nous l’avons trouvé par hasard, lors d’une promenade près du musée, bégaya Samia. »
L’inspecteur les regarda d’un œil douteux et leur dit :
- « Ne seriez-vous pas en train de me cacher quelque chose, les enfants ?
- Non, papa.
- C’est vrai ce mensonge ? Je doute un peu, je trouve votre façon de parler étrange. Vous pouvez me dire la vérité, vous savez.
- D’accord, papa. Mais, à condition que tu ne nous grondes pas et que tu nous informes des pistes éventuelles que tu pourrais découvrir.
- Écoutez-moi, les enfants, vous allez me raconter votre histoire et nous verrons ensuite ce que nous déciderons.
- Voilà : tout d’abord, Samia s’est souvenue que sa maman travaillait au musée et que connaissait un passage secret. Nous y sommes donc allés puisque tu avais refusé de nous laisser entrer par la porte principale du musée. Malheureusement, ce passage n’était pas accessible. Nous sommes donc revenus sur nos pas et nous avons trouvé par hasard cet objet luisant. »
L’inspecteur les regardait d’un air pensif et intrigué, curieux de découvrir l’identité de cet objet. Il leur dit :
- « C’est bien les enfants, vous avez bien travaillé dans ce début d’enquête, mais cela devient un peu trop dangereux pour vous. Vous nous avez bien aidé pour la découverte des premiers indices que nous allons analyser à notre tour »
Pendant ce temps là...

Troisième
partie ( école de Rocamadour - le 17 juin 2002 )

Dimitri Cesda se retourna vers Sophia, sa complice et trouva dans son regard cet air malicieux et sournois. Un hochement de tête partagé scella leur accord. Il en serait donc ainsi : un nouveau vol, le dernier, aurait lieu. Et ce, dans la ville éternelle, la capitale du grand empire romain qui avait fait de la méditerranée sa "Mare Nostrum", début août.

Sophia et Dimitri s’étaient rencontrés à l’occasion du vernissage d’une exposition de tableaux d’Hervé Léger à Berlin en 1994. Ils avaient été présentés par un ami commun, Karl Becken. Tout de suite, le courant était passé entre eux. Il faut dire qu’ils partageaient une passion pour l’art et un besoin vital d’évoluer dans le luxe. Aussi après quelques années partagées, (ils sont maintenant des célibataires endurcis), ils décidèrent de mettre sur pied une formidable campagne de vols d’œuvres d’arts dans les plus grands musées de ce bassin méditerranéen, creuset de si grandes civilisations. Pour ce faire, ils mirent sur pied une organisation internationale avec des ramifications en France, en Égypte, en Italie, au Brésil et bien sûr en Grèce. Grâce aux moyens de communication et de transports actuels, il leur est aisé de se déplacer et d’échanger des informations sur toute notre planète.
La première partie de ce diabolique plan eut lieu le 12 juillet 1998, le jour de la finale de la coupe du monde à Paris. Deux statuettes dérobées au musée du Louvre. Bien sûr d’autres petits vols avaient été commis auparavant mais sans commune mesure avec celui là, aucun n’ayant une telle ampleur. Aujourd’hui, l’avant dernière partie de leur grand dessein va se réaliser sur l’Acropole à Athènes. Le grand musée national archéologique d’Athènes présente énormément d’œuvres archaïques, et notamment les caryatides : ces statues si belles soutenant la toiture de l’Erechthéion, et plus précisément le porche des Corés. Ce temple édifié au Vème siècle avant J-C était consacré à la déesse Athéna et à Poséidon.
Sophia avait tout organisé. Après s’être introduite dans le musée en tant que visiteur, elle a attendu la fermeture à 19 heures et s’est dissimulée dans les toilettes où elle pu se changer en professeur - conservatrice du département des antiquités où sont présentées les caryatides. Dimitri lui, l’attendait sur le parking, dans un camion de déménagement, garé dos à l’entrepôt, qui est situé à l’arrière du musée. Trois hommes de main y attendaient le signal convenu : une intervention de Sophia par talkie-walkie. Celle – ci signifierait qu’elle avait pu neutraliser le système de surveillance grâce au très performant logiciel réalisé par Max ( "le Parisien" ) introduit dans l’ordinateur central. En effet, ce programme permettait à la fois de bloquer l’enregistrement de l’ensemble des caméras, de paralyser et de mettre hors circuit le système infrarouge, ainsi que d’informer les vigiles et la société de nettoyage de ne pas se rendre sur place ce soir vers 20 heures comme initialement prévu. Enfin, le directeur avait, quant à lui, été fait prisonnier dans sa superbe villa du Pirée.
Au signal prévu Dimitri ouvrit la porte arrière du camion et avec ses hommes, ils descendirent par le porte charge le chariot élévateur et les 2 caisses en bois destinées à recevoir leur fabuleux butin. Sophia les attendait sereinement dans le hall. Il leur fut aisé de détacher de leur socle les 2 statues et de les placer dans leur caisse individuelle. Tout les outils nécessaires à une telle opération avaient été minutieusement préparés et testés. Sur chacune d’entre elles avait été placé de grosses étiquettes mentionnant leur transport pour Tokyo par cargo. Il était 22 heures quand le camion descendit depuis l’Acropole et s’engouffra sur le boulevard Périclès, longeant ainsi le chantier du superbe stade destiné à recevoir les jeux olympiques en 2004. En reposant le portable sur sa base, ce dimanche après-midi, soit exactement 2 jours après le vol, Dimitri ne se doutait pas que sa conservation venait d’être écoutée et enregistrée par la police grecque.
Khéox, Samia et Ugo n’en revenaient pas. Eux qui étaient arrivés le matin même à Athènes, grâce à la bienveillance du père d’Ugo et sur demande expresse du commissaire Lilaousis conseillé par son collègue parisien Dimarc, ils n’imaginaient pas l’ampleur des ramifications du gang ayant opéré au Caire.
- " Vous pensez donc qu’il pourrait s’agir là encore de la même équipe qui a déjà opéré à Paris et au Caire ? demanda Ugo en s’adressant à M.Lilaousis.
Il y a effectivement de fortes probabilités pour que nous ayons à faire au même gang. Une équipe a retrouvé la trace du camion ayant servi à charger les statues. En effet il a été accroché par un véhicule à un croisement à la sortie d’Athènes, et le conducteur a pu relever son immatriculation et ainsi nous avons pu identifier ses locataires. Devinez à quel nom la réservation avait-elle été effectué ?
- Ne serait-ce pas Cesda ? lança M.Khéox.
- Il s’agit bien de Cesda Dimitri. Sa carte d’identité avait été laissé comme gage. Elle a été photocopié. La voici ! Il en distribua un exemplaire à chacun des protagonistes assis autour de la table.
- L’hypothèse d’un réseau international de trafic d’œuvres d’art se précise. Paris-Le Caire- Athènes. A quand Rome ? Nos trafiquants doivent bien nous préparer un coup dans la ville éternelle ?
- Ils semblent cibler les plus beaux musées des plus grandes civilisations méditerranéennes, suggéra à mi-voix Samia en s’inclinant légèrement vers Ugo.
- Mais c’est tout à fait exact ! répondit immédiatement Khéox.
- Remarque très pertinente, ajouta Lilaousis.
- Nous devrions, sans perdre de temps, informer nos collègues romains annonça M.Dimarc dont l’image sur l’écran de l’ordinateur projetée sur le tableau blanc semblait en léger décalage avec sa voix. Ce dispositif de visioconférence prouvait là toute sa pertinence.
- Exact. Pouvez-vous vous en charger Dimarc ? demande Lilaousis. Personnellement, je m’engage à leur envoyer tous les documents en ma possession dès ce soir.
- Moi de même, ajouta Khéox.
- Pourvu qu’ils prennent toutes ces informations au sérieux ! soupira Samia.
- Peut-être devrions-nous nous y rendre dés demain ? lança Ugo, en essayant d’attendrir son père.
- Ah oui ! en étant sur place, on pourrait mieux collaborer, surtout que je parle couramment l’italien. Mamie était napolitaine, et maman est arrivée en Egypte à l’âge de 13 ans.
-  Bien ! il me semble que je n’ai guère le choix. Tout le monde ne serait-il pas en train de se liguer pour que nous poursuivions notre escapade en Italie ?
- M. le commissaire, nous avons du nouveau concernant l’équipe du vol des caryatides ! On a intercepté un appel sur son portable ! Ecoutez !"
Alors, le capitaine Stapanopoulos appuya sur la touche lecture de son lecteur baladeur numérique : "…. Oui, bonjour. M.Cesda à l’appareil. Je voudrais réserver 2 places en classe affaire pour le 1er vol de demain pour Rome. Parfait. Embarquement à 8h20.Oui, mon adresse est le 636 Boulevard Socrate, 4ème étage appartement 03. Dans 2 heures environ par porteur. D’accord. Merci encore madame. Au revoir ! …
- Commissaire ? Lieutenant Rastapopoulos. Un second appel en provenance du 06 83 19 48 12 30 de M.Cesda. C’était 11 minutes après le 1er .Il a appelé un mobile enregistré au Brésil sous le nom de Ronaldo Carlos. Voilà : "… Oui c’est moi, Sophia. On prend le vol 728 pour Rome de 8h20 demain 1er août. Ah ! vous, c’est après demain. Ok. Oui les 2 merveilles sont en sécurité. Vous avez prévenu Junior et Ronaldinho qu’elles seraient à Tokyo, fin août par cargo ? Bien. Et pour nos amies égyptiennes ? les allemands nous ont-ils fait une offre convenable ? OK. Envoi nous un courriel. Ciao ! Arrivederci ! …"
 Ça confirme nos hypothèses. Il faut absolument que nous nous rendions à Rome si nous voulons avoir une chance de démanteler ce réseau. Lamborghini dirige la section des œuvres d’art et Maldini est le directeur du musée du Capitole. Voulez-vous que le lieutenant Rastapopoulos nous réserve une place pour le même vol de 8h20 demain matin ?
-" Oui s’il vous plaît ! " répondit Khéox
Lundi 1er août, aéroport d’Hellinikon, banlieue sud d’Athènes, à côté de Kalamakion, au bord de la mer Egée. Sophia, accompagnée de Dimitri poussent leurs 2 caddies devant eux.
Un homme en costume clair s’approche d’eux. Il porte des lunettes de soleil, les cheveux coupés court, son bras gauche en écharpe.
- " Max, que vous est-il arrivé ?
- J’ai eu un petit problème, hier soir. A mon hôtel, ont débarqué une dizaine de policiers, vers 21 heures. Ils savaient que j’étais là depuis 3 jours, et je n’ai dû ma survie qu’à un saut par la fenêtre de la salle de bain. Malencontreusement, en retombant sur le trottoir je me suis luxé l’épaule. Il doit y avoir un traître parmi nous. Je n’ai pu prendre mon ordinateur, tous les fichiers, et mon mobile.
- Oh là là ! Ça veut dire que la police grecque est sur notre piste. Qu’avais- tu comme fichiers et documents ? Des trucs compromettants ? Nos noms y sont-il mentionnés ?Y a t il les plans des musées ? Les adresses des appartements, les noms des commanditaires ? Les moyens d’acheminement ?
- Tais-toi donc ! ! ! On est peut être surveillé ici ! Max n’as tu pas été suivi, au moins ?
- Non j’en suis certain ! J’ai changé 3 fois de ligne de bus et ai ensuite pris le métro.
- Il vaut mieux nous séparer tout de suite. Max ! Prends un autre vol dans l’après midi. Voilà 500 euros. On se retrouve demain matin à 8 heures devant la Villa Borghèse. Il y a un café à l’angle de la rue ." Totti ". Sois y sans faute !
- Ok. Merci pour tout. N’ayez pas peur pour l’ordinateur. Son accès est ultra protégé par des codes d’accès."
A ces mots, ils se séparent. Max repartit vers la station de métro. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que là – bas , à la bouche de métro, dix policiers en civil l’attendait pour l’interpeller. Dimitri et Sophia eux, après avoir fait enregistrer leurs nombreux bagages, parvenaient à l’embarquement. Dimitri suait de plus en plus. Il n’arrivait plus à contrôler son anxiété. Sa nervosité était de plus en plus perceptible. Sophia quant à elle, paraissait impassible, comme si elle était très sûr d’elle …
Aussi, quelque peu machinalement, distraitement presque, elle posa son regard sur le kiosque à journaux, situé juste à côté de l’hôtesse de l’air de la compagnie Air Italia qui leur faisait face. Elle déchirait le coupon d’envol, pendant que le douanier lui regardait fixement l’écran de son moniteur où il découvrait le contenu des bagages embarqués grâce à leur analyse par rayons X.
Dimitri sentit les ongles de Sophia rentrer dans sa chair au niveau de son poignet.
- " Baisse tes yeux et tourne toi discrètement vers la gauche ! " lui ordonna fermement Sophia dans le creux de l’oreille. Son regard et son attitude n’étaient plus ceux d’une personne si sûre d’elle-même. Elle venait de découvrir une photo de Dimitri et d’elle assis tous deux au bord de leur piscine le mois dernier à la une du Télégramme Athénien , ce quotidien grec de langue anglaise. Cette photo où on les reconnaissait si aisément (elle avait tout au plus 5 à 6 semaines ) comment les journalistes se l’étaient ils procuré ? Mais là n’était déjà plus la question.
- " Excusez moi madame, mais pouvez –vous avancer s’il vous plait , nous allons être en retard , lui indiqua fermement la personne située juste derrière elle.
- " Pardonnez le madame, mais il est toujours inquiet et soucieux quand il prend l’avion, précisa Ugo à Sophia en parlant de son père Khéox.

A suivre...