Présentation d'un agrosystème caussenard (01/03/2001)

L'homme a toujours dû s'adapter à son milieu (terres, relief). Mais seul, à main nues, il ne peut faire grand chose, ses actions sont limitées. Il doit donc réaliser ou s'équiper d'outils adaptés à ses travaux. Pour cela, il va utiliser au maximum son environnement, la nature qui l'entoure (arbre, roche, plante, etc.). Il va notamment tailler dans des branches d'arbres spécifiques ou bien adaptées (en forme de patte d'oie : la houe, par exemple qui, avec une pierre plus ou moins taillée placée en son extrémité permettait de bêcher, retourner la terre). Mais il pourra aussi concevoir des outils à partir d'animaux (une faucille primitive pouvait être réalisée à partir d'une mâchoire inférieure à laquelle on ajoutait quelques silex et un bout de bois). L'araire constituera un grand progrès pour l'agriculteur. M. Leboulch nous a présenté une reille d'araire (pièce métallique placée à l'extrémité de l'outil) s'enfonçant dans la terre. Elle pouvait être tractée par un animal. La hache permettra le défrichage des bois afin d'obtenir de nouvelles terres de qualité. Avec le bois, on pouvait se chauffer, bâtir, construire, et réaliser des outils, des meubles, des objets usuels. L'animal était essentiel pour le système agricole. Il représentait à la fois une force (traction, transport) une possibilité de nourriture (chair, lait, fromage) d'équipement ou de revenus (laine, cuir) ainsi qu'une aide à l'amélioration de la qualité des sols (production d'engrais naturel à partir de ses déjections).

L'espace agricole était divisé en 4 parties essentielles : les cultures (ager), les landes-le paysage (saltus), le bois (sylva) et les jardins vergers vignes (hortus).

La lande était le lieu de résidence des animaux. Les terres labourables (protégées par les murets bâtis à l'aide des pierres extraites du sol) cultivées, pouvaient produire des céréales (blé, orge, seigle, sarrasin, avoine, millet) mais aussi des légumes (pois, lentilles) plantes potagères, lin, chanvre, et plus récemment le maïs, les pommes de terre.

Pour une famille de 5 personnes, afin de subsister, la récolte de blé annuelle devait être de 1 tonne. En effet, cela représentait 2,7 kg/ jour, soit environ 500gr/ personne, soit 300gr de pain/ pers./ jour. Pour obtenir une telle récolte, il fallait compter à peu près : 6 ha de culture, 18 ha de pelouse, 3 ha de bois. Afin d'obtenir de meilleurs rendements, on mettait en place le système de jachère triennal (ou biennal) en utilisant au mieux les possibilités des différentes variétés de céréales (d'hiver, d'été ou de printemps ).

La maison était généralement installée à côté d'un point d'eau (puits, citerne, ruisseau) et des cultures. A partir de l'an Mil de nombreux moulins à eau furent mis en place par les moines (notamment sur l'Alzou) ainsi que de grandes granges cisterciennes sur le causse.


M. Leboulch présentant un fessou

un fer à bœufs

une faucille

L'invention de la charrue tirée par des bœufs permis de cultiver de nouvelles parcelles, le développement de l'utilisation de la herse, ainsi que du rouleau firent faire de grands progrès à l'agriculture caussenarde. Les charrettes, chariots et le tombereau jouent un rôle essentiel dans la ferme. Le tombereau permet de transporter, benner des cailloux, des pierres ou du fumier sur l'exploitation.

Un cloup, aussi appelé doline est un creux, une dépression circulaire le plus souvent profond de quelques mètres où la terre est généralement fertile, de meilleure qualité et donc cultivée. Il peut y avoir un muret de pierres sèches afin de protéger les cultures des animaux présents sur les autres parcelles.
Pierre nous a parlé du cloup des Mazets situé sur notre commune qui est un des plus grand du Lot, il mesure 400 m de diamètre, et de celui des Alix. En fait il était composé au départ de deux cloups situés côte à côte,  seulement séparés par une petite colline qui a disparu sous l'effet de l'érosion ( à cause du vent, de la pluie et du gel). 

    
Romain présentant une reille d'araire  et un fessou